Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Cheminot, secrétaire général de la Fédération CGT fusillé

(comme tant d'autres cheminots)

le 7 mars 1942

La période de l'entre deux guerres voit l'alternance au pouvoir des partis de droite et de gauche.

Dès 1929, elle est marquée d'une part par une crise économique prenant naissance à la suite du krach boursier de New York et d'autre part par la division de la SFIO (SFIO et PCF).

Les idées d'antiparlementarismes et des groupes d'extrême droit (ligue) se développent. Une violence hostile au régime parlementaire secoue le pays.

Afin de contrer le fascisme et les ligues d'extrême droite, les communistes s'allient aux socialistes.

Cette gauche réunie formera "le Front Populaire : pour le pain, la paix et la liberté". Elle gagnera les élections législatives en avril mai 1936 soutenue par la Confédération générale du Travail.

Pour rappel (déjà sur le blog "Espace d'Atoum") :

Le 4 juin 1936 Léon Blum forme un gouvernement. Il est l'initiateur de la conclusion des accords de la SFIO avec le PCF. Cette initiative permettra la victoire du Front populaire en 1936.

Dans la nuit du 7 au 8 juin 1936, à l’hôtel Matignon à Paris, sont officiellement signés les accords dits de Matignon, entre le Président du Conseil, Léon Blum, la Confédération Générale du Patronat Français et la Confédération générale du travail.

Ces accords prévoient : augmentation des salaires de 7 à 15 %, la reconnaissance de l'exercice du droit syndical,.

D'autres lois seront votées durant l'été : semaine de 40 heures, deux semaines de congés...

Le 26 septembre 1939, le président du Conseil, le radical Daladier (Président de la République A Lebrun), signe un décret-loi prononçant la dissolution des organisations communistes :

"Article 1er. Est interdite, sous quelque forme qu'elle se présente, toute activité ayant directement ou indirectement pour objet de propager les mots d'ordre émanant ou relevant de la Troisième Internationale communiste ou d'organismes contrôlés en fait par cette Troisième Internationale". 

Depuis le 25 août, les journaux l'Humanité et Ce Soir sont saisis, suspendus, et les militants qui collaient des affiches ou distribuaient des tracts sont systématiquement pourchassés ou arrêtés.

Relevons que ces militants sont, dès 1935, inventeur de la formule du « Front populaire » qui avait sauvé la mise d'un Parti Radical en plein recul électoral à la veille des élections de 1936, le Parti Communiste se retrouvait trois ans après isolé, attaqué par tous les partis.

En tant que cheminot, Pierre Sémard est réquisitionné en 1939. Il est arrêté en vertu de ce décret-loi. Grâce aux acquis sociaux prônés, les baby boomer ont pu s'élever dans le rang social.

La question : sont-ils, aujourd'hui, amnésiques ?

Le 16 Juin 1940, un nouveau gouvernement est formé à Bordeaux par le Maréchal Pétain. C’est la naissance du Régime de Vichy. La démocratie est remplacée par un régime autoritaire. 

Alors que l’armée allemande envahit le pays, Pierre Sémard est maintenu en détention au camp de Gaillon dans l’Eure d’où les autorités de Vichy le livreront plus tard comme otage à l’occupant.

Rien ne doit gêner le régime de Vichy à mettre en œuvre une "Révolution nationale", devant se traduire par "l’assainissement" politique, social et moral de la nation, à la base d’un ordre nouveau.

La devise « Travail, Famille, Patrie » remplacera la formule républicaine "Liberté, Egalité, Fraternité". Elle servira de fondement à l'idéologie nationaliste, autoritaire, xénophobe et antisémite, rejetant la démocratie parlementaire.

Au nom de ceux qui se sont battus : devons-nous revenir à un régime de Vichy ? 

Pour vous aider à réfléchir, ces quelques mots de Pierre Sémard écrits à l'attention du Comité Central du Parti Communiste quelques minutes avant d'être abattu

Chers amis,

Une occasion inespérée me permet de vous transmettre mon dernier mot, puisque dans quelques instants je serai fusillé.

J'attends la mort avec calme. Je démontrerai à mes bourreaux que les communistes savent mourir en patriotes et en révolutionnaires.

Ma dernière pensée est avec vous, camarades de lutte, avec tous les membres de notre Grand Parti, avec tous les Français patriotes, avec les héroïques combattants de l'Armée Rouge et son chef, le grand Staline. Je meurs avec la certitude de la libération de la France.

Dites à mes amis, les cheminots, que ma dernière volonté est qu'ils ne fassent rien qui puisse aider les nazistes.

Les cheminots me comprendront ; ils m'entendront ; ils agiront; j'en suis convaincu.

Adieu, chers amis, l'heure de mourir approche. Mais je sais que les nazistes, qui vont me fusiller, sont déjà vaincus et que la France saura poursuivre le grand combat.

Vivent l'Union Soviétique et ses Alliés ! Vive la France.

Pierre SÉMARD.

Mort pour la France : Pierre Sémard résistant cheminot syndicaliste fusillé

Histoire de la SFIO :

Le Parti socialiste français est fondé le 24 mai 1902 à Tours (fusion des socialistes indépendants de Jean Jaurès, la Fédération des travailleurs socialistes de France et du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire).

Dirigé par Jean Jaurès, le PSF disparaît en 1905, pour fonder la Section française de l'Internationale ouvrière, après la fusion avec le Parti socialiste de France.

Marxistes (Jules Guesde) et réformistes (Jean Jaurès) sont regroupés. Ils seront divisés à la suite de la naissance du PCF. Figures marquantes : Léon Blum et Jean Jaurès.

La SFIO devient Parti socialiste en 1969.

Le 31 juillet 1914, le leader du parti socialiste, Jean Jaurès, est assassiné. Figure marquante.

En 1940, le leader, Léon Blum, est arrêté en 1940 et jugé au procès de Riom (1942) par le régime de Vichy. Pierre Laval le livre en 1943 aux nazis qui le déportent en Allemagne près de Buchenwald.

Après la guerre, Léon Blum dirige le dernier gouvernement provisoire de décembre 1946 à janvier 1947 avant l'instauration de la IVe République. 

Tag(s) : #Actualité

Partager cet article

Repost 0