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Le 146° anniversaire de la Commune est l'occasion de faire connaître une figure majeure de la période insurrectionnelle "Ouvrière".

"Je suis ambitieuse pour l'humanité ;

moi je voudrais que tout le monde fût artiste,

assez poète pour que la vanité humaine disparût."

  • Au lendemain de la Révolution Française : Une alternance de régime monarchique ou impérial ?

De 1804 à 1870, la France a vécu principalement sous des régimes politiques plus ou moins autoritaires : Premier Empire (1804-1815 Napoléon I°), Restauration bourbonienne (1814-1830 Louis XVIII et Charles X), Monarchie de Juillet (1830-1848 Louis-Philippe I°), Second Empire (1852-1870 Louis-Napoléon Bonaparte Napoléon III).

A la succession des trois monarchies constitutionnelles, des deux républiques éphémères (1792-1799 et 1848-1852) et des deux Empires, Gambetta proclame la III° République le 4 septembre 1870 à la suite de la capture de de Napoléon III par les prussiens. 

Le régime soi-disant républicain et démocratique apparaît dérisoire car effacé par un régime tantôt monarchique tantôt impérial.

  • L'émeute de Paris

Le 18 mars 1871, une émeute éclate à Paris, sur la butte Montmartre. Adolphe Thiers, chef du pouvoir exécutif de la République, s'enfuit à Versailles avec tous les corps constitués.

C'est le début du déclenchement de la période révolutionnaire dite "La Commune de Paris" contre le gouvernement. 

  • Mais que s'est-il passé pour en arriver là ?

Le 4 septembre 1870, la Troisième République est proclamée mais elle doit faire face au maintien de la guerre avec la Prusse. Paris est assiégé et le peuple crie famine.

Un armistice est signé avec Bismarck prévoyant la convocation d’une Assemblée nationale chargée de décider de la poursuite de la guerre ou de la paix. 

Les élections du 8 février emportent la monopolisation de l'Assemblée nationale par les monarchistes mais aussi par les bonapartistes. Les habitants de Paris, majoritairement de la classe ouvrière, s'opposent à la nouvelle assemblée.

  • La frustration agite les classes populaires parisiennes. Le renversement du Second empire n'a servi à rien.

Soulignons que dès les élections de mai 1848, la classe aisée confisque ou s'approprie le pouvoir politique à son profit en installant la Monarchie de juillet et le Second Empire.

L'insurrection populaire de juin 1848 est à l'origine du drapeau rouge qui symbolise le sang du peuple ouvrier.

Dans la nuit du 17 au 18 mars 1871, afin d'éviter le risque d'une nouvelle révolte des parisiens, Thiers décide de désarmer la ville afin de la purger de " tous les rouges" en s'emparant des 227 canons regroupés à Montmartre et à Belleville par les habitants pour défendre la ville. Il en est empêché. Deux généraux sont exécutés. C'est le début de la Commune.

  • Louise Michel est au premier rang des femmes de Montmartre qui mettent en échec la tentative de Thiers de s’emparer des canons de la Garde Nationale.

Les communards s'opposent à l'Assemblée nationale, installée à Versailles.

La Commune est renversée au cours de la Semaine sanglante (du 21 au 27 mai 1871), qui fut l'objet de nombreux massacres, destructions. 

Le 16 décembre 1871, Louise Michel passe devant le Conseil de guerre dont elle se sert comme tribune pour la défense de la révolution sociale. Elle est condamnée à la déportation vers la Nouvelle Calédonie.

Dans plusieurs autres villes de France (Marseille, Lyon, Saint-Étienne, Toulouse, Narbonne, Grenoble, Limoges) des communes sont proclamées à partir du 3 mars 1871, mais elles furent toutes rapidement réprimées.

  • Qui est Louise Michel ?

Louise Michel est née en 1830 à Vroncourt-la-Côte (Haute-Marne) et morte en 1905 à Marseille.

"C'est que le pouvoir est maudit et c'est pour cela que je suis anarchiste"

Militante, franc-maçonne, aux idées féministes, l’une des figures majeures de la Commune de Paris.

Déjà, en 1853, elle refuse de prêter serment à l’Empereur Napoléon III lors de sa prise de fonction d'institutrice.

Le 22 juin 1883 devant la Cour d'assises de la Seine, elle s'exclame :

" Sans l'autorité d'un seul, il y aurait de la lumière, il y aurait la vérité, il y aurait la justice.

L'autorité d'un seul, c'est un crime".

 

Extrait d'une lettre adressée à son mentor Victor Hugo :

"Merci, ô merci mille fois. C'est du bonheur, au milieu de toutes mes peines, de me réfugier en vous comme dans un autre monde. Je ne vous écrirai pas souvent mais de bien longues lettres où je vous enverrai toute mon âme.

Si j'ai cru que vous ne me répondiez pas, c'était sans vous accuser. Hugo, je croyais à la fatalité. Je désespérais même de dieu et il semblait qu'il devait me maudire parce qu'en doutant de lui j'avais foi en vous. Merci encore. N'importe ce qui m'arrive : si je vous le confie, je souffrirai moins.

Qu'importe la distance entre nous, mon âme est un rayon de la vôtre et je laisse courir ma pensée sans m'inquiéter.

Pardon de ne pas vous écrire avec plus de respect mais avec vous ces mots glacés me font mal, et puis, moi qui ne vous verrai jamais, pourquoi me serait-il défendu de vous le dire, Hugo ?

Vous comprendriez qu'un prisonnier aimât le seul rayon de soleil qui brillerait dans sa solitude.

Laissez-moi vous dire tout ce que je pense, comme si vous étiez là, devant le foyer et dans le fauteuil vide de ma grand-mère, vos mains dans les miennes, ainsi que nous restions de longues heures le soir, elle et moi.

Avez-vous éprouvé parfois de ces instants où l'âme brise le corps ?

C'est ainsi que je mourrai, et alors je serai bien heureuse, je la reverrai. Et si dieu me donne des ailes, je veillerai sur vous. Dites-moi si vous avez éprouvé de ces pensées qui dévorent et que l'on ne comprend pas ?

Ce doit être la langue du ciel ou celle de l'enfer. On ne le sait que dans le tombeau. Tout me semble comme un rêve, mais c'est peut-être le rêve qui est la vie. J'en suis venue à douter de tout, même de la réalité de l'existence.

J'écrirai quelques pages de ma vie, mais pour vous seul. Tout ce que je vous dirai ne sera qu'entre Dieu et nous. Et vous comprendrez pourquoi j'ai cru à la fatalité, et pourquoi, quand un nom magique a brillé dans ma nuit, j'ai crié vers lui.

Mais ce n'est pas aujourd'hui que je vous dirai tout cela, il m'est impossible de suivre une idée, et ces pensées que je ne puis démêler me déchirent. Il me semble que mon front se brise pour les laisser s'envoler et je ne trouve pas une parole pour vous écrire. Hugo, ne m'oubliez jamais, dites-moi que vous pensez à moi. Lors même que cela ne serait pas, dites-le moi. "

Tag(s) : #Déconnexion par la lecture