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Au lendemain d'un Allemagne humiliée (voir 11 novembre 1918 et Traité de Versailles), les communistes allemands parviennent à prendre Munich.

En mai 1919, parmi les agents spéciaux du capitaine Karl Mayr, le caporal Hitler Adolf doit déterminer quels sont les soldats suspectés d'être communistes.

Le capitaine définit le caporal comme un marginal incapable d'entretenir une relation humaine durable.

Sans fortune, ni éducation, Hitler est facile à façonner pour devenir un instrument au service du nationalisme, de l'anticommuniste et de l'antisémite.

Hitler est envoyé à l'université de Munich. Il s'initie à la finance internationale de l'économiste Gottfried Feder (antisémite).

Pour autant un problème : le Traité de Versailles de 1919 interdit de créer une armée :

Art. 42. Il est interdit à l'Allemagne de maintenir ou de construire des fortifications, soit sur la rive gauche du Rhin, soit sur la rive droite, à l'ouest d'une ligne tracée à 50 kilomètres de ce fleuve.

Art. 43. Sont également interdits dans la zone définie à l'article 42, l'entretien ou le rassemblement de forces armées (…)

Art. 51. Les territoires cédés à l'Allemagne (…) par le traité de Francfort du 10 mai 1871 sont réintégrés dans la souveraineté française à dater de l'armistice du 11 novembre 1918.

Art. 119. L'Allemagne renonce, en faveur des principales puissances alliées et associées, à tous ses droits et titres sur ses possessions d'outre-mer.

Art. 160. (…) la totalité des effectifs de l’armée des États qui constituent l'Allemagne ne devra pas dépasser 100000 hommes (…)

Art. 171. (…) Sont également prohibés la fabrication et l'importation en Allemagne des chars blindés, tanks (...)

Art. 198. Les forces militaires de l'Allemagne ne devront comporter aucune aviation militaire ni navale.

Art. 231. Les gouvernements alliés et associés déclarent, et l’Allemagne le reconnaît, que l’Allemagne et ses alliés sont responsables pour les avoir causés, de toutes les pertes et de tous les dommages subis par les gouvernements alliés et associés et leurs nationaux en conséquence de la guerre qui leur a été imposée par l’agression de l’ Allemagne et de ses alliés.

Art. 232. Les gouvernements (…) exigent (…), et l’Allemagne en prend l’engagement, que soient réparés tous les dommages causés à la population civile des (…) alliés (…) et à ses biens.

C'est dans ce cadre que le régime nazi met en place la Wermarcht "Force de défense pour protéger l'Allemagne".

Au XIX° s, les cadres politiques prussiens répétaient :
 
  • "Qui tient la jeunesse maîtrise l'avenir".

En 1935, durant son discours au Reichsparteitag, Hitler s'exclamera : 

  • "Le futur appartiendra à celui qui possédera la jeunesse".

Cette phrase résume tout à fait la stratégie qu'adopte le régime Nazi par rapport à la jeunesse Allemande; elle représente le futur, il faut donc l'endoctriner aussi tôt et aussi rapidement que possible.

La vision des nazis : la sélection des enfants de "race pure" qui deviendront les cadres dirigeants du Reich ou des serviteurs loyaux.

Ce projet d'endoctrinement des plus jeunes va donner naissance à la loi du 14 juillet 1933 sur la stérilisation forcée entérinant le programme eugéniste pour favoriser la naissance d'enfants au sang "pur".

  • "La jeunesse allemande doit être rapide comme un lévrier, solide comme du cuir et dure comme de l'acier" annonce Hitler.

Parmi les nourrissons, les "handicapés" qui subiront le "traitement spécial" : l'euthanasie.

La jeunesse hitlérienne est soumise à l'endoctrinement qui surpasse l'enseignement de l'école, l'enseignement religieux et même l'éducation des parents.

Ce même 14 juillet 1933, la parti nazi devient seul autorité en Allemagne. Il est décrété parti unique et les autres formations politiques sont dissoutes. Les syndicats sont remplacés par un organisme corporatiste : le "Deutscher Arbeiter Front" (Front du Travail Allemand).

En six mois et malgré le soutien d'une minorité des électeurs, le chancelier Hitler aura réussi à renverser la démocratie allemande.

Principes anti-intellectuels au profit de l'homme machine avec des capacités physiques importantes.

 

 

"L'humanité est un vernis fragile"

Les rescapés d’Auschwitz ne sont plus qu’une poignée. Bientôt, notre mémoire ne reposera plus que sur nos familles, sur l’Etat, mais aussi sur les institutions qui en ont fait leur mission, notamment celles en charge des lieux où vous vous trouvez aujourd’hui. Elle sera aussi la source d’inspiration d’artistes et d’auteurs, comme un objet qui nous échappe pour le meilleur et pour le pire. Notre mémoire, surtout, doit être intégrée et conciliée avec l’enseignement de l’histoire à l’école, faisant des élèves comme des professeurs des relais essentiels de cette nécessaire transmission.

Il vous appartiendra de faire vivre ou non notre souvenir, de rapporter nos paroles, le nom de nos camarades disparus. Notre terrible expérience aussi de la barbarie poussée à son paroxysme, flattant les instincts les plus primaires de l’homme comme les ressorts d’une modernité cruelle.

L’humanité est un vernis fragile, mais ce vernis existe. En parlant de ce monde à part que fut celui des camps et de la tourmente dans laquelle les Juifs furent emportés, nous vous disons cette abomination, mais nous témoignons aussi sur les raisons de ne pas désespérer. D’abord, pour certains d’entre-nous, il y eut ceux qui nous aidèrent pendant la guerre, par des gestes parfois simples parfois périlleux, qui contribuèrent à notre survie. Il y eut la camaraderie entre détenus, certes pas systématique, dont les effets furent ô combien salutaires. Et puis, pour cette infime minorité qui regagna la France en 1945, la vie a été la plus forte ; elle a repris avec ses joies et ses douleurs.

Puissent nos rires résonner en vous comme notre peine immense.

Notre héritage est là, entre vos mains, dans votre réflexion et dans votre cœur, dans votre intelligence et votre sensibilité.

Il vous appartient que la vigilance ne soit pas un vain mot, un appel qui résonne dans le vide de consciences endormies. Si la Shoah constitue un phénomène unique dans l’histoire de l’humanité, le poison du racisme, de l’antisémitisme, du rejet de l’autre, de la haine ne sont l’apanage d’aucune époque, d’aucune culture, ni d’aucun peuple. Ils menacent à des degrés divers et sous des formes variées, au quotidien, partout et toujours, dans le siècle passé comme dans celui qui s’ouvre. Ce monde là est le vôtre. Les cendres d’Auschwitz lui servent de terreau.

Pourtant, votre responsabilité est de ne pas céder aux amalgames, à toutes les confusions. La souffrance est intolérable ; toutes les situations ne se valent pourtant pas. Sachez faire preuve de discernement, alors que le temps nous éloigne toujours plus de ces événements, faisant de la banalisation un mal peut-être plus dangereux encore que la négation. L’enseignement de la Shoah n’est pas non plus un vaccin contre l’antisémitisme, ni les dérives totalitaires, mais il peut aider à forger la conscience de chacun et chacune d’entre-vous. Il doit vous faire réfléchir sur ce que furent les mécanismes et les conséquences de cette histoire dramatique. Notre témoignage existe pour vous appeler à incarner et à défendre ces valeurs démocratiques qui puisent leurs racines dans le respect absolu de la dignité humaine, notre legs le plus précieux à vous, jeunesse du XXIe siècle.

Simone Veil en 2005

Un peu d'histoire : Instrumentalisation de la jeunesse pour servir les nazis
Tag(s) : #Droits libertés fondamentaux

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