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Un “cas social”est-il victime d’une forme de racisme social ?
“Elle est mignonne, mais c’est un cas social, elle est au RSA !”
“Regarde-moi ce fainéant, c’est un cas social ! Il vit sur le dos de la société !”
Qui n’a jamais entendu ce dénigrement, cette déshumanisation envers un homme/une femme qui subit l’assistance de la République ?
Devenir un cas social est-ce voulu, souhaité ?
Il est vrai qu’une minorité se satisfait de cet état. Comme une partie de la Haute fraude le fisc.
Mais l’homme/la femme qui s’investit sur le terrain pour se faire reconnaître, faire fi au déclassement social, sans indemnité, est-il/elle réjoui.e de se voir exclure de la société ?
Pour commencer notre intervention, il nous revient de définir quelques termes. Ensuite relevons la concentration des richesses qui engendre un système de capitalisation d’un patrimoine pour aboutir à l’inégalité et aux injustices sociales.
Transmission renvoie à un devoir de fructification pour maintenir et enrichir à son tour cet héritage en appauvrissant la planète.
  • La société méritocratique a perdu de sa superbe !
  • Place à la société “patrimoniale “ en faveur d’une population “bien-né” !
La montée des inégalités, de l’injustice sociale relève bien de son état social, de ses origines. Le déclassement est bien une forme de racisme social.
I- Définitions
  • Un cas, c’est quoi ?
Si nous ouvrons le dictionnaire, nous lisons :
Personne qui a telle particularité psychologique : Dès lors nous sommes tous des “cas” individuels porteur d’une personnalité propre liée à ses gènes, à son vécu.
Manifestation d'une maladie spécifiée chez un individu déterminé : Dès lors nous avons tous subi des cas de grippe par exemple.
Situation particulière de quelqu'un ou de quelque chose résultant d'un concours de circonstances et, en particulier, situation par rapport à la loi, à des statuts.
Là nous entrons dans le vif du sujet !
  • Que signifie l’adjectif “social” ?
Expression de l'existence de relations et de communication entre les êtres vivants qui vivent en société, au sein d’une collectivité humaine.
Pour Rousseau, les individus de cette collectivité seraient liés par un “Contrat Social” (Du contrat social ou Principes du droit politique 1762) à condition qu’il y ait :
  • Renonciation des droits naturels au profit de l’Etat, qui, par sa protection, concilierait l’égalité et la liberté,
  • Articulation entre les principes de justice et d’utilité,
  • Préservation du Peuple par un législateur qui le représente dans le bien être général contre les intérêts privés.
La volonté générale s’incarnerait donc dans le corps politique. Afin de lutter contre des groupes d’individus qui s’accaparerait ce pouvoir à leur profit, Rousseau, imagine le Législateur orienté vers le bien commun.
Pour protéger les biens et les personnes, les individus s’accorderaient sur une relation contractuelle. Ils s’engagent à accepter divers devoirs et obligations en échange des avantages offerts par la coopération sociale.
Au lendemain des atrocités, de la barbarie, des massacres perpétrés au nom de la race humaine, le Conseil National de la Résistance met en place des principes à valeur constitutionnelle relatifs à la sécurité sociale.
Dès lors, le premier alinéa du préambule de la constitution du 27 octobre 1946 affirme :
“Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d’asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés. Il réaffirme solennellement les droits et libertés de l’homme et du citoyen consacrés par la Déclaration des droits de 1789 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République”.
Le 10 et 11° déclarent :
La Nation assure à l'individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement.
Elle garantit à tous, notamment à l'enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l'incapacité de travailler a le droit d'obtenir de la collectivité des moyens convenables d'existence”.
Le système français soutient les individus touchés par des problèmes sociaux pour leur permettre de se relever.
  • Un cas social, c’est quoi ?
Nous l’avons relevé, le cas est une spécificité, une situation, un fait. Le cas social renverrait à la situation critique d'une personne au sein de la collectivité humaine. La société se devrait de l’assister, la secourir pour un temps plus ou moins long.
Le problème :
Cette périodicité d’assistanat qui devait être momentanée est devenue permanente pour une grande partie de la population.
Le cas social devient dès lors une situation dérivant en mouroir car elle est subie car contraire à la volonté de l’assisté à vie.
Qui voudrait perdre son autonomie par l’absence de dignité ?
Indignité à triple titre :
  • Financièrement
  • Par l’exclusion sociale
  • L’impossibilité de se bâtir personnellement selon sa vocation, son ambition !
Le cas social n’existe plus en tant qu’Homme ou Femme et donc il n’existe plus dans la collectivité. Pire, l’affaiblissement des luttes sociales au profit des conflits identitaires met sur le devant de la scène les porte-parole des minorités pour alimenter des histoires liées à l’intérêt privé et non plus général. Chacun tirant la couverture à soi.
L’identité collective des classes populaires est ainsi détruite par les dominants qui réintroduisent le passé monarchique de la France pour faire fructifier leur capital patrimonial.
L’énormité des dons perçus pour la reconstruction de Notre Dame témoigne de cette dynamique.
La France occupe le premier rang mondial dans l’industrie du luxe et du tourisme grâce à ses Châteaux, ses Palais, ses Eglises. Ce patrimoine historique est devenu la vitrine publicitaire permettant d’attirer les étrangers du monde entier ayant une portefeuille bien rempli.
Le retour de l’histoire monarchique, des Cathédrales correspond au développement du capitalisme patrimonial.
Nous comprenons la programmation de la Fracture sociale !
D’un côté les dominés et de l’autre les dominants. Ces derniers recevant leur situation, leur statut d’un héritage et aucunement de leur effort.
Nous comprenons la stagnation séculaire mise en place !
Ce ne sont plus les idées, le mérite qui élèvent mais bien la naissance qui maintient dans la classe sociale. Nous sommes redescendus dans un régime aristocratique que nous appelons aujourd’hui oligarque ou ploutocratique. Mais nous sommes bien en train de reculer !
Dès lors,
  • L’individu né sans patrimoine peut-il accéder, se consacrer à sa vocation ?
  • L’argent devient-il un barrage à l’accès à une profession devenue un privilège ?
Est-ce normal de demander 1000 € pour l’étude d’un dossier d’accès à une profession alors que le candidat touche moins de 500 € tout en étant reconnu pour son implication citoyenne ? Soit 10 ans de bénévolat ! Est-ce faire preuve de justice sociale surtout quand les acteurs pour l’accompagnement refusent d’aider ?
Nous pouvons conclure que l’expression “cas social” est bien devenue une forme de “racisme social”par la croyance en l’existence d’une hiérarchie entre les groupes humains basée sur l’argent.
II- Les effets de la concentration des richesses entre les mains d’une minorité
La lecture de l’étude de l’Insee “Les revenus et le patrimoine des ménages” (Edition 2018 https://www.insee.fr/fr/statistiques/3549502 ) interroge sur la grande concentration des richesses dont découlent les inégalités.
Est-elle due à un mérite, une création, une avancée ?
En France près de la moitié des individus n’ont rien ou presque, alors que les 10 % les plus riches détiennent à eux seuls plus de la moitié des richesses privées, et les 1% les plus riches près d’un quart.
Le seuil de pauvreté vaudrait 781 euros par mois pour une personne seule, 1 518 euros pour un couple sans enfant et 1 999 euros pour un couple avec deux enfants.
Richesse due au mérite ou à sa naissance ?
Selon le classement établi par “Forbes Magazine France” les plus fortunés de l'Hexagone sont de plus en plus riches.
En 2018, parmi ces personnalités françaises :
Bernard Arnault, PDG de LVMH, voit sa fortune croître (60 milliards d'euros cette année), loin devant Françoise Bettencourt-Meyer, la fille unique de Liliane Bettencourt. L'héritière de l'empire l'Oréal voit son capital se hisser à 35 milliards d'euros, faisant d'elle la femme la plus riche de France.
Serge Dassault a récolté la majorité de son patrimoine grâce à son père Marcel. L'homme de 92 ans est à la tête du groupe industriel Dassault, propriétaire de la filière aviation du même nom, ou encore du "Figaro", pour un total, en 2018, de 19 milliards d'euros.
Emmanuel Besnier, président du groupe laitier Lactalis, fondé par son grand-père André, se place à la cinquième marche du podium, avec 12 milliards d'euros.
D'après ce classement, toujours, la proportion de milliardaires français entrepreneurs est de 23, pour 17 héritiers.
L’entente amoureuse est dépassé par la stratégie matrimoniale au sein du couple !
L’importance accordée à l’origine sociale serait dès lors à son paroxysme.
II- L’exclusion du lien mérite et la disparition de la démocratie : La montée des inégalités
Les inégalités liées à héritage d’un patrimoine (Ensemble d’actifs économiques : Immobilier, financier, professionnel...) minent la cohésion sociale. La naissance détermine le destin de l’individu et non plus l’effort ou le mérite. La transmission du capital économique restreint les chances d’ascension sociale de tout individu sans héritage. Le travail diminuant les chances d’enrichissement par la seule Potentialité.
Sans effort,
  • Comment valoriser le capital humain ?
  • Comment créer de la richesse ?
La démocratisation de l’enseignement supérieur a permis d’augmenter les hautes qualifications. Pour autant, s’il est facile d’obtenir la mention pour certaines catégories sociales, il est difficile d’être aussi compétitifs pour d’autres soumises à un double travail : Universitaire et de subsistance.
Dès lors, l’accès aux Hautes écoles est plus difficile pour les secondes alors qu’elles ont fourni un double effort. La sélection sévère reposant sur le seul mérite individuel est remise en question comme le confirme le pourcentage élevé de fils/filles de cadres ou d’enseignants (Les Héritiers de Bourdieu - Les inégalités sociales d’accès aux grandes écoles de Valérie Albouy et Thomas Wanecq).
Le pire est la désertification de l’école publique pour l’école privée par les classes favorisées. La dimension qualitative du système éducatif s’ajoute à cette sélection liée à la naissance (Voir classement PISA sur le niveau en culture scientifique, mathématique des adolescents de 15 ans et Pirls sur le niveau en lecture à la sortie de l’école élémentaire). Un autre élément inégalitaire à prendre en compte : L’apprentissage d’une langue étrangère dont l’Anglais.
  • Comment échapper à sa condition définie dès sa naissance dans un système de capitalisation patrimonial ?
  • Comment contourner les mécanismes de discrimination mis en place sur le marché de l’emploi quand l’origine social prime sur la potentialité ?
A diplôme égal, la trajectoire professionnelle est basée sur l’origine sociale !
Ce retour de l’héritage, que nous connaissions sous l’Ancien Régime, s’inscrit aujourd’hui dans une disparition de la société dite méritocratique.
On hérite d’un patrimoine, on hérite d’un statut social, on hérite d’un travail, on hérite d’une place en politique !
  • Ces héritiers sont-ils ou elles pour autant compétents.es ?
  • Que devient la potentialité des classes sociales défavorisées ?
Rappelons que grâce à nos aïeuls qui se sont battus pour nos léguer la Liberté, grâce au Conseil National de la Résistance qui nous ont offert les acquis sociaux, la solidarité entre les générations, les femmes/hommes d’après-guerre ont pu s’élever durant les Trente Glorieuses par le mérite.
  • Est-ce le cas aujourd’hui ?
  • Évoluons-nous ou reculons-nous ?
  • La stagnation séculaire pour préserver des héritages en le faisant fructifier est-elle préférable à la construction par la Potentialité ?
  • Le déclin des idées et pire que tout du niveau intellectuel doit-il se poursuivre ?
L’une des formes de la domination dans l’histoire est liée au pouvoir d’écrire, au savoir. Celui qui avait la plume, la Connaissance, disposait d’un pouvoir sur celui qui ne s’exprimait que par voie orale. Nous comprenons la bataille des philosophes des Lumières contre l’obscurantisme.
Pour rappel, jusqu’en 1715, Louis XIV dominait le peuple en France, c’était la monarchie absolue.
Le siècle des Lumières vient bouleverser la pensée et conduit le peuple vers la découverte de la science, la littérature, la philosophie, etc… Le savoir se diffuse malgré l’opposition de la monarchie et de la religion qui ont peur de perdre leur pouvoir de domination. La Révolution mettra fin à l’Ancien régime !
Aujourd’hui, l’une des formes de la domination est liée au patrimoine. Celui qui est “bien-né” dispose d’un pouvoir sur celui qui est “mal-né” même si ce dernier dépasse intellectuellement le premier !
Il ne reste plus aux premiers qu’à faire fructifier leur héritage. La course au profit est ainsi lancée au détriment de la sauvegarde de notre planète !
  • Pourquoi réfléchir pour faire évoluer une société ?
  • Pourquoi élever la reste de la société et perdre son piédestal ?
Parmi les “cas sociaux” des travailleurs privés d’emploi déclassés qui démontrent de la volonté, de la curiosité et surtout de la positivité pour construire leur avenir, arriver à leur ambition.
  • Doit-on continuer à rejeter ces bâtisseurs en marge de la société ?
  • Doit-on continuer à enrichir les enrichis dans la pauvreté intellectuelle ?
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