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ASSASSINER LA PAUVRETÉ ? POUR QUELLE AVANCÉE ? (III° Partie)

“Ne vous souciez pas d'être sans emploi ; souciez-vous plutôt d'être digne d'un emploi”

Confucius (551-479 av JC)

Longer le fil du temps permet de démontrer la régression qui suit chaque étape, chaque évolution, de notre société. La pauvreté est le fil conducteur. Tantôt assistée tantôt criminalisée, elle gène, elle dérange.
Pourquoi ?
Elle démontre l’incapacité d’une vision à long terme des dirigeants politiques qui ne font que “pétasser”.
Nous vous renvoyons à cet article qui l’illustre via la réglementation Bâle du système bancaire “mondialisé”.
  • A-t-on privilégié le capital patrimonial au capital humain ?
  • A-t-on favorisé la société méritocratique ou l’a-t-on détruite pour favoriser le maintien de castes ?
Stagner est devenu une protection. Fructifier un capital patrimonial hérité est la seule ambition en voulant supprimer la classe moyenne, seule partie du peuple qui pourrait faire balancer le “vote” démocratique.
Illustrons.
Dans les années 80, le RMI nous est présenté comme une sorte de mesure d’urgence sociale : Subvenir à la détresse du peuple touché par la pauvreté.
  • Avait-il pour objectif de substituer au statut de chômeur, le statut d’érémiste ou rsiste ?
Une intervention de 1995 nous interpelle. Jacques Chirac, candidat RPR au présidentielle, parle pour la première fois de “fracture sociale” symbolisée par la montée inexorable du chômage. Ce creusement emporte la conclusion suivante :
"La sécurité économique et la certitude du lendemain sont désormais des privilèges".
Jacques Chirac Porte de Versailles Paris, le 17 février 1995
Douze ans plus tard, le taux de chômage est, certes, officiellement inférieur à 9% mais le nombre de RMIstes est passé à 1,2 million tandis que le taux d'activité des seniors n'a jamais été aussi bas.
  • Cette sélection avec la disparition programmée de la classe moyenne s’est-elle effectuée sur la base d’une société méritocratique ou d’une société de capital patrimonial ?
Le niveau très bas intellectuellement devrait nous alerter voire nous inquiéter !
Pire que tout, nous parlons d’intelligence artificielle pour une machine qui devrait remplacer le cerveau humain ! Nous acceptons l’atrophie cérébrale programmée !
Dès lors certaines personnalités se jouent de la médiocrité en jouant sur les chiffres publiés.
Ainsi, nous apprenons :
Malgré la crise sociale, le ralentissement de la croissance, la montée des incertitudes sur le plan international, le taux de chômage continue, lentement mais sûrement, de reculer. Sur les trois premiers mois de l’année, le nombre de demandeurs d’emploi est retombé à 8,7 % de la population active” Le Monde du 17 mai 2019.
  • Qui pourrait nous expliquer le paradoxe entre la baisse du chômage et l’augmentation de la pauvreté, des banques alimentaires ?
  • S’agit-il de faire n’importe quoi pour exclure des travailleurs privés d’emploi des statistiques en période pré-électorale ?
Nous nous devons de préciser tout d’abord que cette baisse ne touche que les travailleurs privés d’emploi de catégorie A.
Les catégories B et C des travailleurs privés d’emploi sont en constante augmentation ! Ce qui démontre la progression galopante de la précarité.
Ensuite, les envois massifs en formation des travailleurs privés d’emploi ont permis cette baisse. Même si la formation est inadaptée au marché et maintient un revenu en deçà de 800 € !
Enfin, les radiations erronées ou de mauvaise foi ont augmentées tout comme les transferts d’allocataires chômage vers le RSA.
  • Ce triomphe est-il respectueux du peuple souverain qui se bouge ?
Reprenons le cours de l’histoire pour démontrer que ce système qui détruit les pauvres sur la base d’un déclassement social est contraire à la valeur populaire. Il ne s’agit que de privilégier les nantis. Un éternel recommencement.
III Partie : La création de la noblesse d’Etat et l’action collective du peuple
Ce phénomène d’”assassinat” de la pauvreté se répète dans les temps de crise économique mais surtout de déconsidération du Politique dont les médias, aujourd’hui, révèlent les scandales de corruption notamment.
La Révolution est la réaction tardive de la justice contre le gouvernement
Jules Michelet (1798 -1874)
Sous la tutelle de la classe dominante matérialiste et conservatrice, le peuple se doit d’obéir. Il est victime, malgré lui, d’une stagnation séculaire.
Pour autant, il est toujours sujet de l’histoire dirigeant l’action collective et les avancées sociétales.
Reprenons le fil de notre histoire. Nous nous étions arrêtés à l’arrivée du féodalisme.
La féodalité entretient des luttes de territoire entre puissants seigneurs. Grâce à Hugues Capet, les capétiens accèdent au trône de France. Ses descendants régneront jusqu’en 1792, puis de 1814 à 1830 (Louis XVIII - Charles X).
A force de guerres de conquête, à la mort de Philippe Auguste, nommé pour la première fois “roi de France”, le domaine royal est quadruplé, des corps de fonctionnaires sont créés : les baillis (au nord) et sénéchaux (dans le Midi). Ces officiers royaux sont chargés de le représenter mais surtout de surveiller les prévôts. Ces derniers gèrent le domaine royal tout en remettant au roi une partie des revenus des terres qu'ils administrent et gardent le reste pour eux.
Des responsabilités sont transmises à la haute bourgeoisie.
L’objectif ? Contrecarrer le pouvoir des seigneurs.
Dès lors, bourgeoisie et noblesse sont placées sur le même socle au Parlement de Paris qui organise cette justice. Présidents, conseillers, avocats, greffiers... ces charges deviennent héréditaires.
Opposition de la noblesse à la bourgeoisie. Cette dernière se retrouvera derrière le Peuple descendu dans la rue durant la Révolution Française de 1789.
La guerre de Cent ans qui oppose les rois de France de la dynastie des Valois aux rois d'Angleterre pour la possession du royaume de France met en péril cette dynastie.
La crise économique qui en découle rejaillit sur la ruralité. Les villes sont affectés par l’afflux de migrants que la guerre, la faim, les épidémies chassent des campagnes.
  • La misère se voit !
Cette intensification de la pauvreté devient pour les “élites” un fléau social qu’il faut éliminer. La pauvreté devient délit. Une sélection s’opère entre les bons et les mauvais pauvres, les valides et les invalides au travail. Seul le pauvre “authentique” mérite l’aumône. Les autres sont des criminels. L’ordonnance de 1367 oblige le “sans travail” pauvre à réparer les fossés sous peine d’être fouettés. La pauvreté est considérée comme une menace pour la paix sociale.
Tout comme de nos jours, la contrainte, l’exclusion deviennent les seuls outils du règlement de la question sociale. Heureusement, le marquage au fer rouge d’antan est banni par des Textes, des Conventions contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (Convention de l’ONU adoptée le 10 décembre 1984, CESDH de 1950).
La crise économique liée à l’insécurité permet d’exiger du peuple une participation pour sa soi-disant protection.
Nous devons à Philippe le Bel d’instaurer le premier impôt “royal” tout d’abord exceptionnel pour ensuite devenir permanent.
Ces exigences consécutives aux appétits du Pouvoir paupérisent à outrance. Le peuple s’agite et se soulève aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain.
Les innovations techniques, l’oligarchie, l’appétit du pouvoir et des conquêtes s’opposent aux “petits” en détruisant des emplois et en héritant de charges. Une déstabilisation s’installe par la rupture profonde avec le passé mais surtout par l’iniquité.
Reprenons l’analyse de Jule Michelet :
L’homme avait cru bâtir un asile de justice
Quand l’homme qui s’était démis de la liberté, défait de la Justice, comme d’un meuble inutile, pour se confier aveuglément aux mains de la Grâce, la vit se concentrer sur un point imperceptible, les privilégiés, les élus, et tout le reste perdu sur la terre, et sous la terre, perdu pour l’éternité, vous croiriez qu’il s’élèvera de partout un hurlement de blasphème ! Non, il n’y eut qu’un gémissement...”
Le peuple souffre en silence, foulé, remercié.... (Histoire de la Révolution Française).
L’amour d’un peuple, cette chose si grande, si rare, ce vrai miracle, n’a réussi qu’à faire de son idole un miracle d’égoïsme.
Il a pris l’adoration au mot, s’est cru un Dieu. Mais ce mot Dieu, il n’y a rien compris. Etre Dieu, c’est vivre pour tous...Lui, de plus en plus, il se fait roi de la cour ; ceux qu’il voit, ce petit nombre cette bande de mendiants dorés qui l’assiègent, c’est son peuple. Divinité étrange, il a rétréci, étouffé un monde dans un monde, au lieu d’étendre et d’agrandir cet homme à la mesure d’un monde”.
De qui parle-t-on ?
Cette situation provoque le mécontentement du peuple, s'envenime avec la crise financière et la crise agricole qui frappent la France.
"Good governance is the single most important way to end poverty and support development"
Kofi ANNAN (1938 -2018 - Secrétaire général des Nations unies de 1997 à 2006)
Malgré la répression du mouvement populaire, ces luttes du peuple aboutirent à des avancées démocratiques mais aussi de construction d’une société.
Au 1er juin 2019, les tarifs régulés de l’électricité devraient augmenter de 5,9 % conformément à la délibération de la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Cette concurrence ultra-libérale qui n’aboutit qu’à appauvrir les citoyens et enrichir les actionnaires du CAC40 doit-elle continuer ?
(Vous aurez reconnu en image une partie du tableau d’Eugène Delacroix “La liberté guidant le Peuple)
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