Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le droit de vote ! Sommes-nous le “Populus” ou le “Plebs” : A vous de choisir ! A vos urnes !
L’Ancien régime se meurt ! Et pourtant ! En 1789, les élections au suffrage universel masculin sont organisées pour la première fois.
A la veille de la Révolution française le royaume de France est en crise. L’Etat est surendetté et de mauvaises récoltes en 1787 et 1788 entraînent une grave crise économique : les paysans et le petit peuple des villes s’appauvrissent, alourdis par l’impôt.
"(...) Sa Majesté (...) s'est déterminée à rassembler autour de sa demeure les Etats Généraux du royaume non pour gêner en aucune manière leurs délibérations, mais pour leur conserver le caractère le plus cher à son coeur, celui de conseil et d'ami.(...) Nous avons besoin du concours de nos fidèles sujets pour nous aider à surmonter toutes les difficultés où nous nous trouvons relativement à l'état de nos finances (...)".
Règlement royal de janvier 1789 un règlement royal adressé aux agents du roi afin d’organiser les élections des députés aux Etats-Généraux
Parallèlement à la programmation de ces élections, des concertations sont organisées, des cahiers de doléances sont remplis. Le roi souhaite obtenir des réponses sur les raisons des dysfonctionnements de l’Etat.
La convocation des Etats Généraux : La naissance du Peuple citoyen ?
« Nous sommes ici par la volonté du peuple... » Mirabeau
Le peuple est appelé à exercer ses droits de citoyen.
Constituée de trois ordres, la société d’Ancien régime est inégalitaire, les ordres privilégiés (clergé, noblesse) représentent 2% de la population mais cumulent toutes les richesses et privilèges. Ils ne paient pas l’impôt royal, la taille. Le Tiers État (Bourgeoisie, paysans) paie l’essentiel des impôts de l’Etat ainsi que des impôts aux ordres privilégiés.
Dans la France des privilèges, les députés souhaitent connaître les modalités du comptage par « ordre » (un vote par ordre) ou par « tête » (un vote par député) ? Louis XVI décide du vote par ordre ; les députés du Tiers Etat protestent et se constituent le 17 juin en “Assemblée nationale”.
Que veut dire Mirabeau ?
Parler du peuple c’est, immédiatement, tenir un propos ambigu.
Michelet rapporte qu’on demanda un jour à Honoré Riquetti, comte de Mirabeau, quelle acception il donnait au mot “peuple”, celle de plebs (le peuple de la rue) ou celle de populus (le peuple souverain) ?
On a cru m’opposer le plus terrible dilemme en me disant que le mot peuple signifie nécessairement ou trop ou trop peu, que si on l’explique dans le même sens que le latin populus,il signifie nation..., que l’on entend dans un sens plus restreint comme le latin plebs,alors il suppose des ordres, des différences d’ordre et que c’est là ce que nous voulons prévenir. On a même été jusqu’à craindre que ce mot signifiât ce que les Latins appelaient vulgus, ce que les aristocrates tant nobles que roturiers appellent insolemment canaille. A cet argument je n’ai que ceci à répondre. C’est qu’il est infiniment heureux que notre langue dans sa stérilité nous ait fourni un mot que les autres n’auraient pas donné dans leur abondance *...+ un mot qui ne puisse nous être contesté et qui dans son exquise simplicité nous chers à nos commettants sans effrayer ceux dont nous avons à combattre la hauteur et les prétentions, un mot qui se prête à tout et qui, modeste aujourd’hui, puisse grandir notre existence à mesure que les circonstances le rendront nécessaire, à mesure que, par leur obstination, par leur faute, les classes privilégiées nous forceront à prendre en main la défense des droits nationaux et de la liberté du peuple”.
Cette ambiguïté ou équivoque démontre le peu de considération pour cette “grande masse soi-disant inerte” qu’est le peuple.
Pourtant ! La croyance des “Grands” à l’incapacité des “Petits” de répondre avec succès à cette liberté que l’on offrait au peuple fut contredite par l’exercice en masse de ce droit citoyen.
Ainsi quand pour la première fois, à la fin des temps, ce mot fut entendu : Tous s’assembleront pour élire, tous écriront leurs plaintes, ce fut une commotion immense, profonde, comme un tremblement de terre (...).
Toutes les villes élurent, et non pas seulement les bonnes villes, comme aux anciens Etats ; les campagnes élurent, et non pas seulement les villes (...).
Grande scène étonnante ! de voir tout un peuple qui d’une fois passait du néant à l’être, qui jusque-là silencieux, prenait tout d’un coup une voix.
Le même appel d’égalité s’adressait à des populations prodigieusement inégales, non seulement de position, mais de culture, d’état moral et d’idées. Ce peuple, comment répondrait-il ? C’était une grande question. Le fisc d’une part, la féodalité de l’autre, semblaient lutter pour les abrutir sous la pesanteur des maux. La royauté lui avait ôté la vie commune. (...).
Ce peuple, si peu préparé, montra un instinct très sûr. Quand on l’appela à l’élection, et qu’on lui apprit son droit, il se trouva qu’on avait peu à lui apprendre (...).
Ah ! Qui ne serait touché au souvenir de ce moment unique, qui fut notre point de départ ? Il dura peu, mais il reste pour nous l’idéal où nous rendrons toujours, l’espoir de l’avenir ! Sublime accord, où les libertés naissantes des classes, opposées plus tard, s’embrassèrent si tendrement... Cette union des classes diverses, cette grande apparition du peuple dans sa formidable unité, était l’effroi de la cour
Jules Michelet “Histoire de la Révolution française” 1853
Le 26 mai 2019 vous êtes invités à vous prononcer sur les élections européennes.
Faites honneur à vos aïeuls qui, malgré le peu d’estime qu’ils recevaient de la Haute société, surent démontrer qu’ils étaient capables de rester dignes et d’avancer : A vos urnes soyez auteurs.es de votre Futur !

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :