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Le 3 août, nous débutions trois semaines consacrées aux mystères de l'eau avec la première partie consacrée :

Première Partie Il était une fois SUMER

Deuxième Partie La consumation des ressources de la Terre par l'Homme : La prochaine guerre aura-t-elle pour origine l'eau ?

Hier nous terminions avec la Troisième Partie !

Le succès rencontré nous oblige à partager sur ce réseau !

Le 3 août 2019

Pour commencer ces trois weekend consacrés aux mystères de l'eau :

Il était une fois SUMER

Dans un premier temps, les mystères de l'eau sont reliés aux Dieux, aux mythes qui remontent à la préhistoire.

L'un des plus anciens mythes : L’univers exclusivement aquatique sumérien transcrit en Mésopotamie voici quelques 4 500 ans.

Une montagne cosmique joint la terre au ciel avant leur séparation : La Création du monde issue d'un combat entre des divinités bienveillantes et Kur, le dieu du monde infernal, maître de l'océan primordial.

Pour la petite histoire, Kur a offensé Ereshkigal, déesse du ciel, qui est soutenue par Enki, le dieu des eaux douces. Ce dernier se lance à la poursuite de Kur à bord d'une barque. Celui-ci ordonne à l'océan primordial de l'engloutir. Mais c'est Enki qui l'emporte.

Les Babyloniens fêtaient au Nouvel An cette victoire en récitant les sept chants du Poème de la Création que les Anciens appelaient l'Enouma Elish.

L’existence d'un Océan primordial est également admise dans l'Ancien Testament, chez les cananéens.

Vaincue la divinité de l'océan primordial et du chaos est démembrée. Du partage de sa dépouille sont issues l'eau du ciel et celle des entrailles de la Terre.

De la Mésopotamie, ces mythes se sont répandus en Egypte. Les anciens Égyptiens croyaient en l'existence d'un monticule originel qui aurait émergé de l'abîme liquide primitif à l'emplacement du temple d'Atoum-Ra à Héliopolis. Les eaux s'étendaient alors à perte de vue. Avec le dieu Atoum, sorti des eaux, sont apparus l'ordre et la vie. Tant qu'il était immergé tout n'était que chaos.

La même vision resurgit dans les mythes pré-helléniques de la Grèce ancienne. La Création est attribuée à une femme : Eurynomé, fille ainée d'Océan et de Téthys; elle fut une des premières divinités à régner avec le titan Ophion sur l'Olympe neigeux avant d'en être chassée par Cronos et Rhéa qui prirent leur place.

Eurynomé, la mère de toute chose, surgit nue du chaos et sépare la Terre du Ciel en dansant solitaire sur les eaux. Elle se saisit du vent du nord, le frotte entre ses paumes et crée le grand serpent Ophion.

Sumer se trouvait en Basse-Mésopotamie, à l'embouchure du Tigre et de l'Euphrate, où se produisirent, durant les années sèches, des remontées d'eau de mer dans les fleuves et les nappes souterraines.

Les Sumériens attribuaient ces phénomènes à l'antagonisme qui opposait Kur, le dieux des eaux primitives à Niuntra, divinité des vents du sud.

Selon le Poème sumérien, quand Kur se lève, l'eau du Tigre ne monte pas, celles des petits cours non plus ; La famine sévit, car les champs ne sont pas irrigués et rien n'y pousse hormis les herbes folles. Niuntra résout le problème en élevant des digues pour protéger les fleuves des intrusions d'eau salée. L'eau douce ne se perd plus dans la mer, son niveau s'élève, les champs sont arrosés.

Un autre mythe sumérien est celui du Déluge repris dans la Bible lié à l'inondation subie par la Basse-Mésopotamie lors du changement de climat qui aurait entraîné une glaciation. Des pluies torrentielles se seraient abattues sur la Méditerranée jusqu'au Levant, où toutes les terres basses auraient été couvertes d'eau.

Il y a 5300 ans, un des premiers dégâts biologiques avec l’épuisement de l’eau dû à l’agriculture intensive cause le désert de la vallée de Sumer (Irak).

Aux VI et V° s av notre ère, la Grèce fut le berceau d'une école de pensée, présocratique, qui alliait l'observation et la réflexion pour expliquer ces phénomènes naturels. L'une de ces théories nous est parvenue grâce à Aristote (384-322 av notre ère) qui s'opposait justement à son auteur dans ses "Météorologiques" : Anaxagore de Clazomènes (500-428 av notre ère).

Celui-ci soutenait que toutes les eaux souterraines provenaient de la pluie. Attirée par le Soleil (évaporation) celle-ci retombe ensuite sur la Terre et s'accumule sous la surface dans de grands réservoirs. Alimentés par les Sources, les fleuves sont plus gros en hiver et s'amenuisent en été. Anaxagore affirmait qu'il n'y avait pas de création d'eau dans le cycle hydrologique : Il est le premier à poser le principe de la conservation de la matière.

Pour Aristote, l'eau se formait continuellement à partir de l'air. Il suggéra que la vapeur qui s'élevait dans les plaines se refroidissait au contact des hautes montagnes pour se condenser en eau.

Il émit la théorie que le volume des eaux courantes dans les sources et les fleuves était bien supérieur à celui de la Terre qui ne faisait que l'emmagasiner : La théorie de la génération continue de l'eau.

Malheureusement cette hypothèse erronée allait dominer la pensée scientifique occidentale pendant plus de quinze siècles. Ces vues furent reprisent par l'Eglise catholique et enseignées aux moines et au prêtres, les savants de l'époque.

C'est au XVII° s que la nécessité de fonder l'étude de la nature sur l'observation s'imposa.

Ces savant, s'affranchirent des dogmes anciens pour se fier aux perceptions de leurs sens.

Anti-conformistes, Léonard de Vinci (1452-1519) et Bernard Palissy (1514-1589) émirent l'hypothèse que les sources étaient alimentées par de l'eau de pluie qui s'infiltrait dans le sol par les fissures et les porosités des roches.

Cette rationalité se confirma avec les premières mesures quantitatives, prémices de l'hydrologie moderne. L'un des premiers pionniers : Pierre Perrault (1611-1680).

Dans "De l'origine des Fontaines" en 1674, il établit un bilan hydrologique du bassin de la Seine. Il démontra ainsi que toute l'eau charriée par le fleuve ne représentait guère plus que le 6° des précipitations reçues dans son bassin hydrographique. Quelques années plus tard, le physicien Edme Mariotte (1620-1684) ramena ce chiffre à 1/8°.

L'hydraulicien français Henry Darcy (1803-1858) est à l'origine de la Loi qui porte son nom.

"La bonne qualité des eaux étant une des choses qui contribuent le plus à la santé des citoyens d'une ville, il n'y a rien à quoi les magistrats aient plus d'intérêt qu' à entretenir la salubrité de celles qui servent à la boisson commune des hommes et des animaux, et à remédier aux accidents par lesquels ces eaux pourraient être altérées, soit dans le lit des fontaines, des rivières, des ruisseaux où elles coulent, soit dans les lieux où sont conservées celles qu'on en dérive, soit enfin dans les puits d'où naissent des sources".

Avec l'âge de l'ordinateur quelques hydrologues s'en tiennent qu'à un minimum d'investigations sur le terrain pour alimenter leurs calculs électroniques ou numérisés.

Cette attitude rappelle celle des Anciens Grecs de l'aube du classicisme philosophique qui pensaient qu'un peu d'observation étayée par beaucoup de logique suffisait pour percer les mystères de la nature ! Nous en subissons les conséquences aujourd'hui par la pénurie d’eau qui menace l'avenir sur Terre !

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Le 10 août 2019

Pour cette deuxième partie consacrée aux mystères de l'eau : La consumation des ressources de la Terre par l'Homme : La prochaine guerre aura-t-elle pour origine l'eau ? Le niveau des nappes phréatiques baisse inexorablement, les lacs, les marais s'assèchent ou sont asséchés artificiellement. L’eau est devenue un enjeu géopolitique majeur. La guerre de l’eau fait rage dans le monde : au Moyen-Orient, mais pas seulement. La frontière entre les États-Unis et le Mexique est par exemple concernée par ce type de conflit. Alors que les réserves s’épuisent, les États, notamment la France et l’Espagne, espèrent améliorer leur gestion de l’or bleu. Pourtant ! Des signaux existaient ! Pendant des décennies, l'eau fut considérée comme inépuisable. Des exemples de conséquences de l'activité irraisonnée de l'homme aurait pu nous alerter. Illustration : La mer d'Aral En 1960, la mer d’Aral située en Asie centrale, à cheval sur le Kazakhstan et l’Ouzbékistan et alimenté par les fleuves Amou-Daria et Syr-Daria, était le quatrième plus grand lac de la planète. Sa surface s’étendait alors sur 67 300 km2. La pêche nourrissait les villages riverains. Les soviétiques voulurent faire fructifier les steppes désertiques du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan en les transformant en champs de coton et de blé. Afin d'irriguer leurs cultures, les fleuves qui alimentaient la mer d'Aral furent détournés de 20 à 60 km3 d'eau chaque année. En 1970, imputation de 9/10° de sa surface, hausse du taux de salinité, des millions de poissons morts asphyxiés suite à cet assèchement mais aussi au tapis de pesticides accumulé au fond du bassin. Malgré cette tragédie, l'Homme continue. Construction de barrages ou de canaux de dérivation de plus en plus gigantesques et nuisibles pour l'environnement. Autour de Beijing, New Delhi, Phoénix, citadins et agriculteurs se disputent l'accès à l'eau devenue insuffisante. Ce qui est aussi le cas au Moyen Orient. Illustration : Plus de 70% de l'eau du robinet dans les principales zones urbaines de Beijing provient du fleuve Yangtsé, grâce à un gigantesque projet d'adduction d'eau du sud vers le nord en décembre 2014 évitant de tomber dans la pénurie d'eau. Pour New Delhi, le 14 juin 2019, nous pouvions lire : "Tout le nord de l’Inde est frappé par la plus longue canicule des trente dernières années : 34 jours à plus de 40°C. Et la mousson a une semaine de retard. Les besoins en eau sont donc énormes. Or, le précieux liquide manque cruellement. Les ressources sont surexploitées et les nappes phréatiques de plusieurs grandes villes sont quasiment épuisées. À New Delhi, l'heure est au rationnement dans certains quartiers pauvres". Tant pour l'agriculture, l'industrie, les usages domestiques, les besoins en eau ne cessent d'augmenter, parallèlement à la croissance démographique. Au Moyen-Orient, de nombreux ouvrages ont été réalisés sur les deux grands fleuves que sont le Tigre et l'Euphrate, que ce soit en Turquie, en Syrie ou en Irak. Une guerre de l'eau a lieu entre les États pour le contrôle de cette ressource. L'Homme n'a eu de cesse de surexploiter ces eaux fossiles, ces nappes souterraines profondes qui se sont constituées aux cours de centaines ou de milliers d'années. Les pluies ne parviennent plus à les réapprovisionner. Car ces gisements aquifères sont non renouvelables ! Pire ! L'épuisement des réserves, des nappes, la demande largement supérieure aux ressources disponible, la construction de barrages, de canaux de dérivation, la pollution des cours d'eaux ont dévasté les marécages, les habitats de la faune aquatique. Et après on condamne des propriétaires à boucher la mare pour éviter que les grenouilles ne les dérangent !

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Le 17 août 2019

Pour cette troisième partie consacrée aux mystères de l'eau :

Les effets de la prédation inhumaine !

Du 5 au 16 juin 1972, s'est tenue la conférence des Nations unies sur le thème de l'environnement. Depuis, une série de rencontres décennales sur "les Sommets de la Terre" s'organise.

De nombreux rapports, notamment celui rédigé par le biologiste américain René Dubos et l'économiste britannique Barbara Ward "Nous n'avons qu'une Terre", placeront les questions écologiques au rang de préoccupation internationale.

Cette Conférence de Stockholm (Suède) rédige une déclaration de vingt-six principes tout en élaborant un vaste plan d'action pour lutter contre la pollution.

Malgré ces alertes à tous les niveaux (Voir parties I et II) ce n'est seulement qu'à partir des années 1980 que l'on s’inquiète du réchauffement de la planète. Il devenait de plus en plus difficile de cacher cette réalité.

Un grand nombre de pays se mobilisent pour mettre sur pied des programmes aussi bien nationaux qu'internationaux. Des études sur la relation entre les modifications climatiques et l'activité humaine sont commandées.

Les résultats de ces recherches avertissent que si le taux de croissance de la population et le développement des forces productives se maintiennent, il faut s'attendre, dans les 20 ou 30 prochaines années à ce que la température de l'air augmente de 2 à 3° C. Le réchauffement le plus fort devrait toucher les zones de climat froid et tempérés jusqu'à 5-6° !

Quelles conséquences sur les eaux qui entourent la Terre ?

En de nombreux endroits sur la planète, ce bouleversement climatique se répercute sur le régime des eaux et donc sur le développement économique et environnemental, bouleversant les conditions de vie de la population touchée.

Les zones arctiques et antarctiques voient la fonte des neiges et des glaciers accumulées pendant des siècles en quantités énormes en tant que réserves d'eaux douce. Une hausse importante du niveau de l'océan mondial pour des conséquences catastrophiques sur les régions côtières les plus basses ou situées à proximité immédiate du littoral comme le Bangladesh, la Hollande, Londres, Saint-Pétersbourg.

La régularisation artificielle des cours d'eau pour les besoins de l'industrie, des populations urbaines et l'irrigation des cultures est remise en cause car elle bouleverse le régime naturel d'écoulement et d'évaporation des eaux sur des superficies immenses.

Malgré cette connaissance, l'activité humaine indésirable s'est accélérée. L'Homme attribuant la dégradation des terres à la sécheresse pour éviter toute culpabilisation.

Pourtant la grande sécheresse des années 1969 à 1973 en Afrique Occidentale est à l'origine de la Conférence des Nations Unies sur la désertification de 1977 à Nairobi (Kenya). A cette occasion les recherches sur les causes de cette catastrophe ont démontré que les conditions atmosphériques n'étaient pas seules en cause dans la désertification.

L'époque où l'on pouvait voir dans l'eau une ressource abondante et peu onéreuse est résolue.

La préservation, la conservation et la rationalisation des ressources hydriques doivent-elles passer par un renforcement et une coordination responsables des Institutions au niveau mondial voire globalisé, surpassant le niveau étatique ?

Pourquoi aujourd'hui, cette dégradation environnementale est-elle devenue qu'un enjeu électoral ?

L'Homme-profit est-il capable de remettre en cause son comportement, son appât du gain ?

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